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Guillaume le Conquérant à Hastings, 1066.

 

Guillaume Martins

 

 

Lorsqu'un fil jaune orangé traça à l'Est la ligne d'horizon, on fit sonner le cor. Petit à petit, un bruissement…, puis le sourd grondement d'une armée qui sort de la léthargie du sommeil. Peu de mots prononcés, chacun s'équipant et s'harnachant avec une attention plus soutenue que d'ordinaire, car tous savaient que ce serait aujourd'hui, en ce Samedi du 14 Octobre 1066, que la bataille tant attendue aurait lieu.

 

 

La fraîcheur se levant avec le jour rendait l'humidité de cette région parsemée de marécages et de profondes forêts plus désagréable qu'à l'ordinaire. Toute la nature ruisselait de cette rosée matinale où, par endroit, elle semblait se condenser à l'état gazeux afin de former ces monceaux de brumes cotonneuses roulant doucement sur les collines environnantes. Lorsque l'armée de Guillaume se rassembla pour communier, luisante d'humidité, avec ses hauberts d'écailles métalliques, ses heaumes tronconiques au nasal large et plat, et ses boucliers ogivaux, on crut un instant qu=une armée de l'antique dieu Neptune était sortit du fin fond des océans pour prendre possession de cette terre à l'abri des falaises crayeuses surgissant de la Manche.

 

Une fois la messe finie, les hommes formèrent une longue colonne en direction du Nord. Le Duc Guillaume chevauchait en tête, attendant le retour de Vital, chevalier qu'il a envoyé en reconnaissance pour savoir où se trouve son ennemi. Il veut surprendre Harold en pleine marche d'approche et ainsi l'attaquer avant qu'il n'est pu se mettre en ordre de combat. Mais lorsque l'éclaireur revient, il annonce à son chef que les Anglo-Saxons prenaient à l'instant même position près de la route menant à Londres, sur une petite hauteur surplombant une dépression marécageuse entre deux collines : Caldbec Hill et Blackhorse Hill. Le roi d'Angleterre n'avait pas dû traîner cette nuit pour se placer là, en s'adjugeant le choix du champ de bataille. Tant pis, Guillaume n'avait d'autres choix que de l'attaquer. De toute façon, c'est ce qu'il voulait : forcer Harold à se battre en bataille rangée le plus tôt possible pour exploiter les fatigues des armées anglaises engendrées par les batailles de Fulford et de Stamfordbridge dans le Nord, et afin de montrer à tous sa suprématie et sa légitimité, sans que d'autres seigneurs anglais n'aient le temps de négocier de leur appui avec son ennemi. En bon Normand sûr de son affaire, Guillaume avait d'ailleurs proposait la veille à Harold soit de se soumettre, en renouvelant son allégeance faîte en 1064, soit de régler leur différend selon la justice divine : en combat singulier, et ce, afin d'épargner le sang de leurs hommes... L'Anglais aurait pu accepter, étant donné son caractère emporté et impulsif ; d'ailleurs n'avait-il pas répondu : "Que Dieu décide entre Guillaume et moi, selon la justice!" L'homme paraissait être hors de raison, ce qui arrangeait les plans du Duc : un homme furieux est un homme imprudent. Le roi illégitime d'Angleterre commettrait à coup sûr des erreurs. Et la plus grande fut sans doute de foncer avec quelques 7 000 hommes rassemblés en hâte, sans prendre le temps d'attendre le regroupement de toute son armée, composée du double! Les forces en présence seraient à peu près équivalentes en nombre, mais Guillaume avait emmené avec lui deux bons milliers de chevaliers dont il connaissait la valeur et l'efficacité.

 

 

Au bout de deux heures de marche, les nouveaux envahisseurs arrivèrent devant les positions tenues par les anciens. Le Duc de Normandie fit déployer ses troupes en une ligne de bataille longue de 800 mètres au pied de la proéminence qui s'appellera plus tard Battle Hill. La gauche était occupée par les Bretons commandés par Alain, fils d'Eude de Penthièvre, le centre était tenu par le Normands, étant de loin les plus nombreux, et la droite par les Franco-Flamands sous le commandement de Robert de Beaumont. Guillaume, aidé de ses deux demi-frères : Robert, comte de Mortain, et Eude, évêque de Bayeux, dirigeait l'ensemble depuis la contre-pente de Telham Hill. Un bon millier d'archers formaient la première ligne, suivit d'environ 4 000 fantassins et 2 000 cavaliers. Tous se souvenaient de ce que Guillaume, duc de Normandie, leur avait dit la veille: "Guerriers chevaleresques originaires de la noble France, jeunesse renommée, choisie et favorisée par Dieu, dont le renom victorieux s'est répandu aux quatre coins du monde! Et vous, hommes de Bretagne, dont l'honneur se manifeste sous les armes, qui ne sauriez reculer à moins que la terre elle-même en s'écroulant ne vous entraîne! Hommes du Maine, illustres par votre vigueur, dont la gloire est dans vos prouesses guerrières! Gens de Calabres, de Pouille, de Sicile, dont les traits sont brûlants!1 Normands accoutumés aux actions d'éclat!"

Les Anglo-Saxons faisaient face sur un front égal, mais du haut des 85 mètres de leur colline ils dominaient d'environ une vingtaine de mètres leurs adversaires. En première ligne venaient les Housecarles, redoutables guerriers manieurs de la hache de guerre et de l'épée, ainsi que nombre d'archers, des javeliniers, et autres lanceurs de projectiles acérés. Ce goût des Anglo-Saxons pour les armes de jets paraît être aussi vieux et tenace que leur flegme... Outre quelques 2 000 Housecarles, environ 6 000 hommes à pied étaient déployés sur une dizaine de rangs. Derrière se trouvaient Harold et ses deux étendards.

 

Lorsque le Soleil fut entre son aube et son midi, soit une heure après leur arrivé sur l'imminent champ de bataille, les archers mercenaires du duc de Normandie s'apprêtèrent à tirer, lorsqu'un chevalier sortit des rangs pour galoper résolument vers la ligne adverse.

"Qui est-ce ? demanda Guillaume.

"Un jongleur nommé Taillefer! répondit un chevalier de sa garde.

Le cavalier s'arrêta à cent mètres de la ligne adverse et lança d'une voix puissante un retentissant défi à quiconque aurait le courage et l'honneur de se battre contre lui!

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1 Un prochain article relatera de l'histoire de ces Normands de Sicile, de Calabre et des Pouilles.

 

Un chevalier anglais sortit alors à pied des rangs ennemis. Il était muni d'une longue hampe armée d'un fer acéré à la base duquel flottait un gonfanon orné du Dragon de Wessex. Taillefer éperonna son cheval avec force et fondit sur son adversaire. Celui-ci écarta les jambes, planta sa lance au sol, la pointe levée au niveau de l'encolure du cheval, et attendit, résolu, le cavalier chargeant dans un bruit de tonnerre. Mais Taillefer, arrivant sur la droite de l'Anglais, fit faire un brutal écart à son cheval, restant accroché à sa selle d'une agilité forçant l'admiration, et se retrouva sur la gauche de l'Anglais qui, surpris par la manoeuvre, n'eut pas le temps de faire pivoter sa lance. Le Normand qui tenait la sienne haut levée, l'abaissa de toute ses forces à sa gauche : la pointe toucha le piéton en dessous de l'épaule gauche, et transperça la cuirasse et la chair d=une telle violence que le bois éclata, et la victime projetée à une dizaine de mètres... Taillefer fit demi-tour, s'arrêta près du corps inanimé de son ennemi, et descendit de cheval. L'autre était encore vivant, son corps parcourut de terribles convulsions et le souffle court laissant entendre comme de rauques raclements de gorges. Son casque avait volé loin sous l'impact. Le Normand pris de sa main gauche les cheveux de l'Anglais, leva la tête du sol, et abattit son épée sur le cou en le tranchant net. Une sourde rumeur monta soudain des rangs Anglo-Saxons. Le chevalier remonta rapidement en selle et galopa vers les siens : une grande acclamation enthousiaste l'accueillit alors. Il s'arrêta devant les lignes et, tenant la tête sanguinolente à bout de bras, lança en direction de Guillaume: "Mon Seigneur, mon succès est présage de victoire, Votre Victoire!" Et soudainement, de toutes les gorges émues, on entendit chanter un passage de la chanson de Roland :


"La dixième échelle2 est formée des barons de France. Ils sont cent mille, de nos meilleurs capitaines. Ils ont le corps gaillard et fier la contenance, la tête toute blanche et la barbe chenue. Ils montent à cheval, et demandent la bataille : "Montjoie! Montjoie!" crient-ils. Charlemagne est avec eux." 3

 

"Suz cel n'ad gent que Carles ait plus chière,

Fors cels de France ki les regnes conquièrent." 4

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2 Une "échelle" est une sorte de corps d'armée. L'Ost (Armée) de Charlemagne en dénombrait 10.

3 Chanson de Roland, v.3084-3092.

4 "De ceux que Charlemagne ait le plus chère,

Sont ceux de France, qui conquièrent les Royaumes." Ibid., v.3031-3032.

Note: dans les inscriptions de la Tapisserie de Bayeux, retraçant l'histoire de la bataille et de la conquête de l'Angleterre, le mot "Franci" désigne ceux qui étaient aux côtés de Guillaume le Conquérant, y compris les Normands et les Bretons.

Puis un cri retentit : la ligne d'archer commença à tirer ses salves de flèches sur les positions anglo-saxonnes. Dans la première ligne des ces derniers, les Housecarles resserrèrent les rangs en collant leurs écus les uns contre les autres, formant ainsi leur fameux "mur de bouclier". Les archers de Guillaume n'étant armé que du petit arc (d'environ 1m20) utilisé sur le continent (bien qu'il y eut apparemment quelques arbalétriers présents) eurent beau tirer avec force, la différence de dénivellation fit que les traits perdaient de leur vitesse initiale lorsqu'ils arrivaient au niveau des ennemis, ne leur infligeant que peu de mal. On leva alors un étendard tandis qu'un puissant cor se fit entendre. De grand cris de guerre s'élevèrent des troupes à pied pendant qu'elles traversaient les rangs des archers pour monter à l'assaut de la colline. Les Bretons furent les premiers à porté de javelot des lignes adverses, qu'ils lancèrent tout en avançant au pas de course leurs lances en avant. Mais une pluie de projectiles anglais s'abattit sur eux : de front, mais également de flanc, car étant arrivés les premiers, leur côté droit fut à découvert. Ils hésitèrent un instant, puis, quelques uns voyant leurs compagnons tomber la tête en avant sur le gazon humide, leurs corps transpercés, déchirés et tourmentés, eux-mêmes rapidement blessé par une flèche, une javeline, ou même par des pierres aux arrêtes acérées lancées depuis la hauteur, ils firent volte-face et coururent dos à l'ennemi... Celui-ci avança, mais les Normands arrivaient au contact. Ils furent également reçu par une multitude de projectiles. Ils tinrent bon un moment, mais leur flanc gauche à découvert dû à la retraite précipitée des Bretons qui tournait à la déroute, fut attaqué par le flanc droit ennemi. Alors, de proche en proche, le centre normand plia puis reflua, ainsi que la droite tenue par les Français et les Flamands.

 

Guillaume, qui devait arrêter ce repli désordonné, s'élança à cheval vers les troupes de fantassins normands, accompagné de son frère Eude de Bayeux et un seigneur de haut rang : le comte Eustache de Boulogne. Alors qu'ils longeaient la ligne de bataille pour se porter au centre, un javelot, dont la légende veut que ce soit Gyrth, frère de Harold, qui le lança, atteignit le flanc du cheval du Duc qui s'écroula à terre, projetant son cavalier dans l'herbe verte. On entendit alors un cri, puis deux, et bientôt une multitude se répandant plus vite que le vent: "Guillaume est mort!"

 

Mais Guillaume n'était pas mort. Il se releva prestement et, regardant autour de lui, vit un chevalier angevin qui se repliait, ayant entendu que leur seigneur et chef était mort. Le duc le héla en agitant les bras afin que le Manceau s'arrêta. Mais celui-ci, pris de panique, accéléra en manquant de justesse de piétiner son suzerain!

 

Au sommet de Battle Hill, dernier carré de Housecarles.

 

Lorsqu'il fut à sa hauteur, Guillaume lui prit une jambe et la lança de toutes ses forces vers le haut. Le cavalier déséquilibré tomba à terre, pendant que le Duc courrait rattraper la bride du destrier. Il monta lestement dessus et, rejoignant le comte de Boulogne et son frère, ayant compris que tout le monde le croyait mort, il enleva son heaume, détachant son visage sur le fond du grand étendard que tenait un chevalier de sa garde : le Vexillum sanctiPetri envoyé par le Pape Alexandre II au Duc pour lui témoigner de son appui, pendant qu=Eustache de Boulogne s'écriait en montrant Guillaume de son index pointé : "Guillaume est vivant! Notre Seigneur est là et nous allons remporter cette bataille en son honneur!" Les fantassins les plus proches ralentirent, puis s'arrêtèrent complètement, voyant le duc de Normandie bien vivant. La rumeur circula aussi vite pour annoncer que Guillaume était toujours là, prêt à faire justice de son bon droit contre Harold le saxon!

 

Puis, s'apercevant que les piétons anglais se ruaient derrière les Normands en pleine retraite, Guillaume fit donner sa cavalerie. Celle-ci chargea les Anglo-Saxons qui s'égaillèrent comme des lapins de garenne. Ceux qui ne purent rejoindre et reformer les rangs furent impitoyablement tués.

 

Les combats marquèrent une pose en début d'après-midi, avant que la cavalerie normande ne chargea les lignes ennemies. Lorsqu'elle fut à moins de cent mètres, elle fut reçu comme de coutume par une grêle de projectiles. Ceux-là affectaient plus les montures que les montés protégés de leur casque, haubert et bouclier. Certains destriers se cabrèrent ou s'échappèrent, fous de douleur par ces pointes qui pénétraient leurs chairs. Les chevaliers reculèrent puis revinrent juste à portée des traits, et reculèrent encore, pour revenir de même. A y regarder de loin, il semblait qu'un balai parfaitement orchestré virevoltait suivant une chorégraphie soigneusement réglée. Puis, lassé de leur démonstration, les cavaliers firent retraite. Nombre d'Anglo-Saxons, alors excitaient de leurs succès, quittèrent leur position imprenable et poursuivirent (à pied!) les chevaliers. Au même instant, Guillaume lança sa réserve de cavalerie qui enveloppa les poursuivants et les pourfendirent! Semblable manoeuvre fut entreprise par deux fois, et réussie à chaque fois! Car les principaux chefs anglo-saxons tombaient les uns après les autres, comme les propres frères de Harold, et les troupes, n'étant plus véritablement dirigées, réagissaient et combattaient suivant leurs impulsions.

Le nombre des pertes augmentant rapidement dans l'armée anglo-saxonne, Harold dû resserrer les rangs, la ligne se réduisant à quelques centaines de mètres. Les archers normands pilonnèrent ces survivants, suivi par les fantassins bretons, normands, français et flamands qui montèrent à l'assaut de la colline. Ils débordèrent facilement le front anglais par les ailes et commencèrent, non sans mal, à attaquer le dernier carré de Housecarles protégeant Harold est ses deux étendards aux couleurs de l'Earldom de Wessex. Mais Guillaumes vit que ces grands guerriers nordiques menaient la vie dure à son infanterie en clairsemant leurs rangs à grands coups de leurs terribles haches. Il partit alors lui-même à l'assaut accompagné du comte Eustache de Boulogne, de Hugues de Ponthieu et l'un des fils de Gautier Giffard, seigneur de Longueville. Arrivés sur la crête, ils se frayèrent un passage en abattant leurs ennemis comme des bûcherons affairés, pour soudain déboucher sur Harold en personne qui, rouge de fureur, hurlait tout en fracassant un crâne ou coupant un bras ennemi. Guillaume fondit sur lui en le chargeant de sa lance: le fer poussé de tout le poids de l'illustre chevalier transperça l'écu de Harold en le faisant éclater, et alla se planter dans sa poitrine. Juste derrière le Duc, venait le comte de Boulogne qui frappa d'un grand coup d'épée le visage de Harold, quand Hugues de Ponthieu, déboulant de l'autre côté, planta sa lance dans le bas-ventre... Le Saxon déchu mis un genou à terre, suffoquant sous le sang qui emplissait ses poumons et sortait de toutes ses plaies béantes, sa vue se troublant déjà lorsqu'il vit un chevalier à pied se tenir devant lui, levant haut son épée et l'abattant sur sa cuisse, lui tranchant la jambe au niveau de l'aine. La douleur atroce fit sombrer le roi illégitime dans le néant, et le coeur s'arrêta.

 


A la nouvelle de la mort de leur chef, continuer la lutte devenant inutile, les Anglo-Saxons fuirent le champ de bataille, plus ou moins en désordre.

Guillaume, tenant à la main la hampe de sa lance brisée, ses yeux encore rouge de la fureur des combats, son pouls tambourinant ses tempes, observait la scène de la débandade anglaise, lorsque Eustache de Boulogne, ce valeureux et fidèle comte de Boulogne, arrivant à ses côtés, fut projeté en avant de sa selle, le sang jaillissant de sa bouche et de son nez, et tomba à terre, inconscient. Un Anglais faisant le mort s'était soudainement levé, et prenant sans doute le comte pour Guillaume, avait violemment frappé dans le dos du chevalier. Après s'être occupé du vengeur saxon, on emmena Eustache à demi-mort loin du champ de bataille. Il survécu heureusement à sa blessure, et put continuer à être aux côtés du future roi d'Angleterre : Guillaume de Normandie.

 

 

Les troupes anglo-saxonnes s'enfuyaient à travers champs et bois, quand les chevaliers normands se lancèrent à leur poursuite dans un certain désordre. Ils en tuèrent un certain nombre jusqu'à ce qu'ils tombèrent sur un carré de Housecarles tentant d'arrêter les poursuivants depuis une position précédée d'un fossé marécageux appelé "le Maufossé". Les premiers cavaliers, chargeant à bride abattue, s'effondrèrent lourdement dans celui-ci. Les autres durent descendre de leurs montures et combattrent dans une position désavantageuse. Guillaume, qui observait la poursuite depuis Caldbec Hill, d'où l'on dominait à 120 mètres d'altitude le champ de la bataille qui s'achevait et le Nord où se déroulait l'ultime et dernier combat des vaincus, donna l'ordre de cesser la lutte, et demanda à l'un de ses barons, Guillaume Malet, seigneur de Graville, de s'occuper d'inhumer le roi Harold en un lieu secret, sur la falaise surplombant la mer, afin d'éviter le risque politique de voir de futurs nostalgiques et "nationalistes" anglo-saxons venir en pèlerinage sur sa tombe trop connue...

 

L'obscurité grandissait doucement, amenant sa fraîcheur et son humidité.

Guillaume avait le coeur apaisé, serein même, comme on l'est après d'intenses activités et la tension retombée. Il lui restait beaucoup à faire, pour faire valoir son droit légitime au trône d'Angleterre, mais il sentait que le plus important était fait. Il venait de s=ouvrir la route pour Londres. Il descendit de son cheval, rassembla quelques pierres et en fit un petit monticule, monticule que l'on nommait Montjoie! Et cette colline en garda le nom…

 

 

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