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Le Kosovo : histoire et actualité.

 

 

Note : cette article a été écrit au Printemps 1999, pendant les bombardements menés par l'Otan sur la République Fédérale de Yougoslavie.

La conclusion fut, elle, écrite en Août de la même année, juste après qu'un accord ait été trouvé entre S. Miloseviç et cette même Otan.

Ainsi, le lecteur doit concevoir que cet article n'a pas pus être écrit avec les connaissances et la réflexion qu'apporte le temps. Les événements au lendemain du conflit et ceux actuels viennent tout de même confirmer ce que je dénonçais quand à la politique américaine et de ses objectifs pour la Serbie de Slobodan Miloseviç...

 

                        Après cette incroyable  mobilisation médiatique pour justifier les actions belliqueuses de l’OTAN au Kosovo et surtout en RFY (République Fédérale de Yougoslavie), nous ne pouvons que constater un degré de subjectivité et de parti pris à peine croyable pour des Etats qui se veulent “démocratiques”, où les Albanais du Kosovo sont les “gentils”, un peu niais, mais gentils, et les Serbes les méchants: les “barbares”(dixit MM. Chirac et Clinton !!).

            Telle est l’image que veulent nous faire avaler les médias occidentaux sur ce qui ce passe au Kosovo. On se croirait dans un film typiquement hollywoodien avec les bons et les méchants (et où les Américains sauvent le Monde!). Ils est nécessaire, dans ces conditions, de voir les choses d’un point de vue plus humain, plus proche en l’occurrence des Serbes, où celui-ci est un peuple européen qui a fut persécuté, s’est défendu, reconquiert son Honneur perdu ...

 

Afin de mieux comprendre le conflit actuel, il faut d'abord étudier l'histoire mouvementé de cette région.


Et tout commence le 28 Juin 1389 : l'armée chrétienne serbe perd à "Kosovo Polje" (le "Champ des merles") face à l'armée des musulmans ottomans venus de l'actuelle Turquie. Le Kosovo, l'épicentre du berceau des Serbes, tombé aux mains des musulmans annonce cinq siècles d'occupation !

Après le Kosovo, c'est Constantinople en 1453, Athènes en 1456, Belgrade en 1521 qui tombent à leur tour sous la poussée ottomane. Vienne est sauvée de justesse en 1683 grâce aux Hongrois...

Le Kosovo... Terre sacrée, sanctuaire de la nation serbe, riche de plus d'un millier de monastères et d'églises: "c'est notre Jérusalem, le berceau de notre nation. Là où reposent nos Rois. Ici ont surgi de terre voilà des siècles nos monastères les plus prestigieux" déclare d'une même voie le peuple serbe.

 

Après l'autonomie puis l'indépendance des peuples Serbes et Grecs (respectivement en 1817 et 1830) et surtout après les Guerres Balkaniques de 1912-1913, ceux-ci reprennent d'importants territoires sur l'Empire Ottoman. 1912 voit aussi la création de l'Albanie, Etat à majorité musulmane hérité de l'occupation ottomane. Ainsi, la nation albanaise n'a de réalité historique que depuis 87 ans - contre plus d'un millénaire pour la Serbie!


Et ces Albanais ce mettent à rêver d'une "Grande Albanie" qui n'a d'ailleurs jamais existé auparavant, contrairement au Royaume serbe, et profitent de l'=occupation italo-allemande de 1941-44 pour, plus ou moins, réaliser ce rêve. Nous trouvons durant la seconde guerre mondiale, des Albanais du côté allemand et d'autres, communistes. C'est ainsi qu'en Avril 1944, les Allemands forment la Division de volontaires SS albanais musulmans "Skanderberg"1. Cette Division (ainsi que la Division de volontaires musulmans bosniaques) sera considérée par les allemands eux-mêmes comme la plus mauvaise de toutes leurs unités. Mal instruite (les musulmans ne veulent pas se plier à la discipline allemande), elle sera militairement médiocre, et ses hommes seront plus préoccupés par le pillage, le viol, et le massacre de civils des villages chrétiens que par la lutte contre les partisans de Tito : pratiquant les coutumes musulmanes introduites par les Turcs, certains commettront des atrocités : on rapporte entre autre l'usage traditionnel d'arracher le coeur de leurs ennemis... La Division Skanderberg sera finalement dissoute 6 mois plus tard par l'Etat-Major allemand en Octobre 1944.

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1 Il est intéressant de noter que le nom attribué à cette Division musulmane par les Allemands était celui du Héros de la lutte contre les Ottomans: Skander. Et aujourd'hui le nom de l'Ecole des officiers de Tirana en Albanie...

 

Quand aux Albanais communistes, après maintes exactions et combats contre les Tchetniks serbes, ils proclamèrent à la déclaration de Bujan (31 Décembre 1943) qu'ils s'engageaient à réunir, après la libération, les territoires albanais de la Yougoslavie (dont le Kosovo) à l'Albanie! Alors que ce même Kosovo se composait encore à l'époque, et malgré l'occupation musulmane durant cinq siècles, de 61% de Serbes !

D'autre part, dû aux exactions des Albanais sur les Serbes au Kosovo durant la Guerre, 100 000 de ces derniers fuirent la régions : soit plus de 10% de la population.

Et il ne faut pas croire que les Albanais aient écarté de leurs desseins celui du rêve de la "Grande Albanie", car comme le mentionne un journaliste2: "Pour se convaincre cependant que les Albanais n'ont pas renoncé, il suffit de voir les cartes de la Grande Albanie ornant les murs des universités à Tirana ou à Tgetovo, la ville à majoritée albanaise de Macédoine"!

 

Mais les épreuves ne sont pas finies pour le peuple serbe.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, deux mouvements de résistances yougislaves vont apparaître et, une fois n=est pas coutume (pour les Balkans!), vont s'opposer : le premier, les Tchetniks (de "tcheta" signifiant "troupe") composés essentiellement de Serbes orthodoxes monarchistes grand'serbes et anti-communistes (ouf!), et le second composé de toutes les ethnies et sous la férule du secrétaire général  des communistes yougoslaves Josip Broz dit "Tito".


Un chef tchetnik, Uljanoviç, décrit l'atmosphère qui règne alors : "une troupe d'occupation n'est jamais qu'un mal provisoire. L'avenir nous en débarrassera forcément. Les rouges au contraire sont du pays: ils risquent de devenir un fléau permanent". Les deux mouvements vont alors s'affronter dans une lutte fratricide. Et de nombreux Tcheniks vont être victimes, avec les nationalistes croates, de l'épuration mené en 1945 par Tito, où 300.000 d'entres eux vont être exécutés avec femmes et enfants (dont 70.000 Croates paysans, soldats, femmes et enfants à Maribor en 3 semaines, livrés par les Anglais à qui ils s'étaient rendus!...). Ce sont en tout quelques 900.000  personnes qui sont victimes de l'épuration, alors que la Yougoslavie ne comptaient qu'à peine plus d'une dizaine de millions d'habitants, et était membre, en 1945, des Nations Unies et adhérait par là même à la Charte de l'Atlantique... Mais l'article 3 du Traité de Paris de 1954 stipule que les actes contraires au Droit pénal qui ont été commis dans le but de rendre service aux armées alliées, ne pourront pas faire l'objet de poursuites !! Ainsi fonctionne la Justice de notre société, mais ceci est un autre débat...

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2 Daniel Vernet, in Le Monde.

 

En 1946, Tito prenant soin d'affaiblir les Serbes dans la nouvelle composition de la Yougoslavie, entreprit un découpage des Républiques qui fit que plus du quart du peuple serbe vivait en dehors de la Serbie (répartit essentiellement entre la Croatie et la Bosnie : d'où la cause des guerres de 1991 à 1995). Puis, en 1974, Tito s'apercevant que la majorité de l'intelligentsia  et des postes importants étaient détenus par des Serbes, décida de donner leur autonomie à deux provinces de la Serbie : le Kosovo et la Voïvodine ; tout en donnant son accord à l'immigration musulmane en provenance de l'Albanie alors au bord de la catastrophe économique. Ainsi, le Kosovo se trouva rapidement peuplé à 80 % d'Albanais musulmans sur les 2 millions d'habitants de la province (et à environ un quart de la population macédonienne, et à 10 % de celle du Monténégro).

C'est ainsi que ces Albanais se reprennent à leur rêve de Grande Albanie, et créèrent des tensions avec la communauté serbe, avec, pour ainsi dire, la bénédiction du parlement "kosovar" (à majorité albanaise). Des familles serbes sont alors victimes de brimades, d'assassinats et autres exactions, sans que la police "kosovar" n'intervienne, puisque composée presqu'exclusivement d'Albanais !...

 

C'est dans ce contexte que Slobodan Miloseviç arrive au Printemps 1987 en se faisant le défenseur des Serbes du Kosovo, en mobilisant les foules sur des thèmes comme : "la révolution anti-bureaucratique" ou "le réveil de la conscience serbe". En Juillet 1989 il est élu président de la Serbie.

Peu avant, en Mars, l'autonomie fantaisiste de la Voïvodine et du Kosovo est supprimée. Le Kosovo n'aura eu d=autonomie que seulement 25 ans du fait de Tito.

C'est pourquoi les Albanais en prennent prétextes et font montés les tensions et multiplient les grèves et les affrontements contre la police serbe, arrivée pour la mise en place d'un "état d'urgence". Les violences ne faisant que s'amplifier, journaux, radio et télévision albanophones sont fermés. Ce qui n'empêchent cependant pas des intellectuels albanais d'auto-proclamer, en Septembre 1990, la "République du Kosovo" sans aucune légalité. Dans des maisons privées, des garages, professeurs et élèves établissent un système éducatif pirate où langue albanaise et projets Grand'albanais font place. Ils vont même jusqu'à dénoncer "une colonisation économique du Kosovo" par les Serbes!  Alors que se sont eux qui, en 30 ans, ont occupé le pays pour en constituer plus de 80 % de la population en s'emparant ainsi de tous les postes les plus "rentables" et des principales entreprises !


Début 1996, les violences se multiplies après une bref accalmie, et une mystérieuse armée de libération du Kosovo (UCK) revendique une série d'attentats à la bombe. Plusieurs civils serbes seront alors tués lors de heurts entre les deux communautés. Ibrahim Rugova (dirigeant la pseudo-république du Kosovo albanais) obtient un accord avec Slobodan Miloseviç en Automne 1996 censé ramener le calme. Mais l'UCK  multiplie les attaques contre les commissariats serbes, et tue plusieurs dizaines de policiers en différents points de la province. Les forces du ministère de l'intérieur de la RFY (République Fédérale de Yougoslavie) se décident alors à lancer une opération d'envergure en Mars 1998. Mais l'UCK mieux armée (bénéficiant, entre autre, du pillage des casernes d'Albanie), passent à l'offensive et bouscule les forces de police. Elle contrôle ainsi, durant l'Eté 1998, 40 % de la province. C'est dans de telles circonstances que la RFY envoi l'armée...

Ce qui a pour effet d'attirer les foudres du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'OTAN. Un Etat qui s'oppose à une insurrection terroriste sur son propre sol, devient subitement chose inadmissible !...

C'est oublier que nous, Français, notre gouvernement fait plus ou moins(!) de même en Corse, que les Espagnols le font à l'encontre des Basques, les Britanniques en Irlande du Nord, etc. Et bien pire, puisque ces Etats européens répriment ces actes terroristes sur des populations autochtones, qui ont leurs racines établies dans ces régions depuis des siècles et des siècles; alors que les Albanais du Kosovo ne sont, eux, pas du tout originaire de ce même Kosovo, et n'y réside pour la plus part que depuis moins de 25 ans!...

 

Sous la pression de l'OTAN, 1.500 "vérificateurs" de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) sont acceptés au Kosovo par S. Miloseviç, à la suite d'un accord spécifiant également l'autorisation du survol de la province par les avions de l'OTAN et la désactivation des systèmes de DCA ! (dépêche AFP du 25/11/98).

Quoi rêver de mieux pour l'OTAN afin de planifier une future attaque aérienne et terrestre, que de pouvoir photographier à loisir la région et repérer les installations fixes de radars et de batteries anti-aériennes!...

 

Le 16 Janvier 1999 sont découvert à Raçak, 45 Albanais du Kosovo tués. L'OTAN saute sur l=affaire en menaçant la RFY de frappes aériennes, et mobilisent ses troupes.

Les conditions du massacre "restent troubles" ainsi que le mentionne plusieurs journalistes occidentaux dépêchés sur place.

 

S'ensuit l'échec sans surprise, en Février, des négociations de Rambouillet. Sans surprise, parce qu'elles stipulaient que la Serbie admette de céder, et sans conditions, l'autonomie du Kosovo aux Albanais kosovars! Ce que le moindre historien ou spécialiste des Balkans sait bien, c'est que la Serbie n'acceptera jamais de donner la région qui est le berceau ethnique et culturel de son peuple à des musulmans!!!

En Mars 1999, le 24, l'OTAN attaquait la République Fédérale de Yougoslavie, Etat de droit, reconnu et souverain. Attaque qualifier par le secrétaire général  de l'OTAN, M. Xavier Solana, de: "devoir moral" ! Nous pouvons nous demander où se trouve la moral dans l'attaque d'un pays souverain ? Serait-ce pour  protester contre les 45 tués de Raçak, puisque "l'épuration ethnique" ainsi qualifiée par les médias n'avait pas commencée (suivant leur chronologie) ?

Dans la plus part des conflits, le massacre de civils, réel ou fictif, fut et est toujours l'un des principaux prétextes à la déclaration d'une guerre ; et il est intéressant de noter que ce prétexte fut également brandi en 1991 par les médias américains et occidentaux pour convaincre l'opinion publique de la "moral" de la guerre du Golf initiée contre  l'Irak  de Saddam Hussein. Tous les médias diffusaient alors l'information,  au 17 Janvier 1991 (peu avant l'attaque terrestre des "alliés")  que des troupes irakiennes, lors de leur invasion du Koweit, avaient sorties des bébés koweitiens prématurés de leurs couveuses et jetés au sol pour mieux les tuer ! Information confirmé par George Bush alors président des Etats Unies. Cette histoire, qui révolta l'opinion internationale, fit même l'objet d'un rapport d'Amnesty Internationale et d'un film ! Mais une fois la guerre terminée, l'=Organisation Mondiale de la Santé déclarait qu'il s''agissait d'un montage orchestré par la société américaine de relation publiques Hill & Knowton, à la demande de la CIA et de l'Emirat du Koweit pour un montant de 60 millions de francs (environ 10 millions d'euros)!... Pourquoi des bébés ? Parce qu'il fallait "obtenir un effet émotionnel tel que les gens approuvent les résolution de l'ONU". Faux témoins, fausses biographies ont été exhibés, comme le témoignage poignant d'une jeune fille présentée comme réfugiée, mais qui n'était autre que la fille de l'ambassadeur du Koweit aux Etats-Unies ! Même en France, M. Patrick Poivre d'Arvor amenait à l'écran un prétendu garde du corps de S. Hussein pour mieux le dénigrer, mais il s'est très vite révélé que ce n'était qu'un employé de l'ambassade du Koweit !

Il est en outre intéressant de mentionner "l'affaire des Chiites" de 1992. Après que fut ratée la conquête finale de l'Irak en 1991 par les forces américaines (sous la pression de l'Arabie Saoudite), à l'Eté 1992, les Chiites de l'une des six sectes qui les composent, ennemis du Sunnite Saddam Hussein, se retrouvent sous les feux des médias et se disent victimes de ce même S. Hussein et de sa "volonté d'extermination". Ainsi, au nom de la protection sacrée d'une secte inconnue de presque tous (et surtout des Américains, instigateurs de l'opération), avions U.S., anglais et français guettent sans répit, en Irak du Sud où ils opèrent, l'incident qui permettrait de déclencher une nouvelle guerre! Finalement, les Américains suivis des seules Britanniques, trouveront des prétextes comme ceux d'armes chimiques dissimulées par les Irakiens, et bombarderont en 1995, 1997 et 1998 l'Irak du Nord et Bagdad, la capitale. Un Commandant de la D.G.S.E. (organe de renseignement extérieur français), conseiller à l'époque à l'Elysée, m'a affirmé que tous ces prétextes n'étaient que de pures montages, et de même pour les images diffusées par les chaînes de télévision (montrant ces pseudo-armes chimiques).

Il est aussi à signaler que pendant que l'OTAN bombardait la RFY, les Anglo-américains ont effectués "quelques" opérations de bombardements sur Bagdad, pendant que les médias étaient occupés par le Kosovo...

 

Comment croire alors des médias qui ont si souvent et impunément trompés l'opinion publique, et, quoiqu'on en dise, toujours à l'avantage de ces Américains ? Le doute est permi et la manipulation reste entière... comme les images télévisées de civils(?) albanais tués, accusant d'elles même les Serbes de génocide, alors que les images du reportage précédent nous montre les volontaires de l'UCK, hommes et femmes, en vêtements civils faute de treillis camouflés à disposition !...

Quand à l'OTAN, instrument de coopération militaire conçu en 1949 pour faire face à la menace, réelle ou supposée, du Pacte de Varsovie, elle a survécu à la chute du communisme et à la fin de la guerre froide.

L'OTAN bombarde la Serbie, in "Le Temps ", Chapatte, 23 Mars 1999.  

 

Mais ainsi que le dénonce P.M. de la Gorce : "Instrument privilégié de prépondérance des Etats Unis au sein du camp occidental, l'Alliance a été préservée et la politique américaine a fait en sorte de la conserver tout en l'adaptant. [...] La volonté commune des responsables américains, après la fin de la guerre froide, était d'assurer le maintien des Etats Unis à leur rang de superpuissance unique et d'empêcher la résurgence d'une puissance rivale" ; l'OTAN est bien avant tout une arme aux mains des Américains.

Et pour la première fois de son histoire, l'Alliance Atlantique Nord entre en guerre contre un Etat souverain. Elle le fait sans autorisation explicite et écrite de l'ONU, et contre un pays qui ne la menace pas, pas plus qu'il ne menace ou n'a envahi l'un de ses voisins, alors que l'OTAN est en principe chargé de la seule défense de ses Etats membres...

Qui plus est, cette "guerre" a un coup financier considérable : de l'ordre de 12,5 milliards de francs pour les seules forces américaines, et ce, juste pour les sept premières semaines du conflit ! L'Alliance a lancé, officiellement, plus de 500 missiles de croisières Thomawak en moins de 2 mois ; et ayant un coup de 6 millions de francs l'unité, cela représente plus de 3 milliards de francs, et ce pour un seul type de missile lancé ! Et il est dit chaque jour que "les frappes s'intensifient"... Etonnant gaspillage d'argent de la part de ces Américains si près de leur sous et à l'affût de tous bénéfices quelqu'ils soient?!

Nous l'imaginons facilement, cette guerre a donc un coût faramineux (payé grâce aux impôts des contribuables!) ; mais de l'argent, l'OTAN en a... Rien que pour la France, qui avait un budget de la défense en 1993 de 197,9 milliards de francs, son "budget OTAN" était lui de 242,8 milliards, soit 44,9 milliards de plus que son propre budget de la défense ! Ainsi le budget total de l'Alliance Atlantique Nord en 1993 était de 2 425 milliards de francs, et ses effectifs (théoriques) de 4 millions 330 mille hommes ! Mais comme le dénonce le Général Cot, ancien commandant de la 1ère Armée française et ancien commandant de la FORPRONU en Bosnie: "A quoi nous sert cette Alliance ? Elle sert avant tout à garantir au moindre coût le contrôle stratégique des Etats Unis sur l'Europe. Il n'y aura jamais d'identité européenne de sécurité et de défense au sein de l'Alliance actuelle".

Les Etats Unis contrôle l'OTAN et s'en servent pour appliquer leur politique internationale. Et leur politique dans les Balkans est avant tout, à l'heure actuelle, de déstabiliser et de renverser le gouvernement de Slobodan Miloseviç ; entre autre parce que c'est le seul gouvernement, en Europe, pro-nationaliste et anti-américain déclaré..

 

Ainsi que je l'ai écrit en Juillet 1996 dans un article intitulé : "Crime contre l'humanité en Bosnie : mythe ou réalité ?", il faut rappeler que la RFY a subi pendant la guerre de Bosnie (1992~1995) et pareillement aux Etats indépendantistes en guerre, les sanctions imposées par l'ONU : la résolution 713 de 1991 établissant un embargo sur toutes les armes et équipements militaires à destination de toute l'ex-Yougoslavie (RFY comprise), ainsi que la résolution 757 de 1992 instaurant un embargo commercial général (à l'exception du seul matériel médical) pour seulement la RFY ! Et ainsi que je l'écrivais il y a 3 ans : "L'ONU nous donne ici une belle leçon de comment faire pour qu'un Etat s'écroule de l'intérieur (économiquement et par conséquent politiquement) pour qu'ensuite le peuple réclame de nouvelles et libres élections sous contrôle de cette même ONU, où, comme par hasard, des candidats proposeront qu'on les élise pour que l'économie du pays se rétablisse à la suite d'aide extérieurs (des Etats capitalistes) : et la Serbie découvrit les joies du Coca-cola et du Mac Donald's!!!".

 

Les faits n'allaient pas tarder à me donner raison : selon l'ancien gouverneur de la banque centrale yougoslave (de 1993 à 1996) M. Avramovi, 80 % des entreprises serbes seraient déficitaires, le salaire mensuel seraient tombé à 532 francs français (contre 3120 pour la petite Slovénie, ancienne République de la Yougoslavie), le taux de chômage officiel atteindrait les 27 % de la population active, la mortalité aurait doublé (dû aux maladies et manque de soins) depuis l'embargo de 1992, etc.

D'autre part le PIB par habitant de la RFY était en 1992 de 25.000 francs, en 1993 de 18.000 francs, et en 1998 de 13.500 : soit deux fois moins qu'en 1992 au début de l'embargo3...

Comme nous le voyons, le pays s'écroule complètement, et son indice de croissance en 1993 était déjà de - 30 % ! (alors qu'il était de + 2,9 % pour les Etats Unis et de + 1,6 % pour la Slovénie par exemple).


Politiquement, durant l'Hiver 1996~1997, trois mois de manifestations quotidiennes organisées par l'opposition, la coalition "Zajedno" ("Ensemble") (et financé en partie par les Etats de l'Union Européenne) avaient ébranlés le gouvernement. Mais cette coalition a implosé, et l'un de ses chefs a même accepté un poste de vice-premier ministre dans ce même gouvernement (mais a tout de même été limogé fin Avril)...

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3 Il est de 6.300 francs cette année (1999) !

 

Les tentatives des Occidentaux de renverser le gouvernement de Slobodan Miloseviç ont été jusque là veine. Alors, il fallait trouver une opposition plus violente et surtout plus "sûr" dans son "anti-Miloseviçsme": puisque les tentatives européennes avaient échoué, les Américains s'occuperaient eux-mêmes de l'affaire. Comme ils l'ont souvent fait, ils cherchèrent l'opposition la plus violente (qui se révèle être le plus souvent musulmane) pour déstabiliser la Serbie. Déjà en Bosnie-Herzégovine, le 11 Novembre 1994, les Etats Unis, qui avaient été alors les plus engagé dans la mise en place de l'embargo sur les armes à destination de l'ex-Yougoslavie, annonçaient qu'ils ne participeraient plus à ce dernier pour ce qui été des armes à destination de la seule armée bosniaque musulmane. Ils offraient également aux Musulmans, dans les plans de paix de début 1994, 58 % de la Bosnie (alors que le plan de paix proposé en Décembre 1993 n'en prévoyait que 33%)... soit 51 % pour la Fédération croato-musulmane, contre 49 % aux Serbes bosniaques (détenteurs à ce moment là de 70 % du territoire), et ce sont les Musulmans qui avaient fait échouer les négociations !4

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4 Parce que le plan prévoyait d'accorder trop de territoire aux Croates que ne pouvait le supporter ces mêmes Musulmans. Par la suite, les accords de 1995 répartirent le territoire à la convenance des Musulmans, mais la réalité sur le terrain fait qu'actuellement une grande partie de celui accordé à ces derniers est en fait administrée et contrôlée par la Croatie...

 

D'autre part5, les Etats Unis ont même fourni des cadres (officiers des bérets verts) et des armes à la BiH, l'armée musulmane de Bosnie, comme le démontre une parade de la 7e brigade de Konji où une compagnie entière (près de 200 hommes) était vue armée de fusils d'assaut américains M-16 A2 (et dont les hommes portaient des bandeaux arborant des sourates du coran rédigées en arabe et qui appelaient au "Djehad" : "la guerre sainte contre les mécréants non-musulmans"). Des officiers américains, sous la conduite du Général J. Galvin (ancien commandant de l'OTAN de 1987 à 1992) ont même formés des officiers musulmans durant la guerre et aidé à mener à bien les offensives bosniaques de l'Automne 1994 (alors que jusque là les forces musulmanes avaient toujours reculé!).

Pendant la guerre d'Afghanistan, les Américains avaient soutenu les extrémistes Musulmans afghans et pakistanais contre les Soviétiques. De même en Juillet 1974 à Chypre où, après l'invasion de l'île par l'armée turque et une défense héroïque des Chypriote grecs, le gouvernement grec va subir l'humiliation de ne pouvoir intervenir militairement (ni médicalement)  sur l'île due à la pression de ces mêmes Américains. Le commandant d'une unité d'aviation grecque basée en Crète, qui tentera  à deux reprises de faire décoller ses appareils pour soutenir leurs compatriotes des attaques turcs, se verra même intimer l'ordre de ne pas bouger sous la menace d'une intervention de l'aviation embarquée de la VIe flotte américaine ! Plus de 20.000 Chypriotes grecs devront alors fuir de leurs maisons pour se réfugier en zone grecque. Ne serait-ce pas ce que l'ONU appelle justement un "nettoyage ethnique"! Et avec le feu vert des Américains, qui plus est !... Il est à rappeler que la Grèce comme la Turquie étaient toutes deux membres de l'OTAN...

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5 Voir: "Crime contre l'humanité en Bosnie: mythe ou réalité?".

Et suivant cette tactique américaine de trouver une opposition musulmane afin de déstabiliser un pays (afin de renforcer leur influence), celle-ci était toute trouvée dans les Albanais du Kosovo.


Province où les tensions augmentaient entre les Albanais musulmans et Serbes, l'UCK voit le jour grâce aux Américain en exécutant ses premières actions terroristes en Février 1996 en une série d'attentats à la bombe (2 mois seulement après les accords de Dayton mettant fin à la guerre de Bosnie). Ce groupuscule va ensuite bénéficier du pillage des casernes d'Albanie et lancer de véritables offensives contre les forces de police serbes au Printemps 1998. Que les Etats Unis soutiennent et finance cette UCK ne fait aucun doute: Madame Albright, la nouvelle dame de fer américaine, avait dit à Rambouillet: "Si les pourparlers échouent  à cause de la délégation albanaise (sic), nous seront contraint de couper toute l'aide qu'ils reçoivent" ; et ainsi que le déclare le ministre des affaires étrangères yougoslave M. Jovanoviç : "L'UCK a été fabriquée pour soutenir l'idée qu'une guerre se déroulait au Kosovo et que le déploiement d'une force internationale dans un pays européen souverain y était nécessaire"...

D'autre part un document de l'administration américaine, de Mai 1994, intitulé : "Réformer les opérations de paix unilatérales" sur la politique de défense  américaine pour de telles missions (comme la SFOR en Bosnie), a pour article premier : "l'opération doit servir les intérêts américains, les conséquences de l'inaction doivent être inacceptables"... Même si cela s'applique à des missions dites "de maintien de la paix" (ce que revendique l'OTAN : elle a attaqué officiellement la RFY pour rétablir la paix (!) au Kosovo), cela en dit long sur la politique internationale menée par les Etats Unis : toutes actions et actes doivent avant tout servir les seuls  intérêts américains.

 

Et pour justifier que l'attaque de la RFY rentre bien dans ce concept de "maintien de la paix", M. J. Solana déclarait : "Nous devons empêcher un régime autoritaire de continuer à réprimer son peuple en Europe".

Mais ainsi que le dit M. Ramonet, directeur de la rédaction du Monde diplomatique : "Faut-il alors recourir à la force pour contraindre la Turquie, pays européen et membre de l'OTAN, à accorder une autonomie au Kurdistan et à cesser une répression qui a déjà fait, parmi les civils kurdes, des milliers de morts? Y aurait-il, ici aussi, deux poids, deux mesures ?...".

Je répondrai par l'affirmative, puisqu'une aide aux Kurdes ne rentre pas dans les fameux "intérêts américains"! Et ce ne sont pas les gouvernements sociaux-démocrates européens (d'Allemagne, France, Italie, Royaume Uni et Portugal) qui feront quoi que ce soit sans l'approbation de leurs "maîtres" américains...


Par contre, si ces derniers effectuent une opération d'invasion terrestre en Serbie, alors là ils iront montrer leur fidélité dans l'affirmation de leur social-conformisme et d'obéissance au Big Brother américain! Et cela même si leurs pays s'engagent dans un conflit où ils paraîtront vite comme les agresseurs, champions du non-droit et de l'ingérence, même si cela se termine dans un bain de sang européen!...

Et c'est bien sûr la jeunesse qui va une nouvelle fois pâtir des irresponsabilités des politiciens, plus adeptes des meetings théâtrales que de real-politique.

 

Printemps 1999.

 

 

Un accord a actuellement été trouvé entre Slobodan Miloseviç et l'OTAN, impliquant la mise en place de troupes russes pour protéger et rassurer les populations serbes au Kosovo de la présence d=armées occidentales et surtout du retour des réfugiés albanais (étrange paradoxe où des personnes sont des réfugiées dans leur pays d'origine, l'Albanie, et ne le sont plus dans un pays autre que le leur...).

Mais cette présence russe n'a pas empêché de démontrer que les "barbares" sont aussi Albanais : pillages, vols, viols, meurtres (récemment 14 paysans serbes ont été tués dans un village en l'espace d'une journée!), et autres destructions sur les possessions serbes se multiplies tous les jours depuis le retour de ces "réfugiés", et ne font que s'amplifier chaque jour...

Quand aux médias, ils n'ont toujours pas changé (est-ce un euphémisme?) leur politique du vraix-faux : privilégiant l'information sélective, grossissant des événements mineurs et passant quasiment sous silence d'autres événements d'importances et de portés certaines.

Que les Américains aient voulu, grâce à l'OTAN, renverser une nouvelle fois S. Miloseviç par le prétexte du Kosovo ne fait plus aucun doute! Autrement, pourquoi bombarder l'ensemble de la République Fédérale de Yougoslavie et ses ressources économiques dans le but de restaurer la paix au Kosovo, puis pour ramener des réfugiés?

Les véritables barbares sont de fait ces Américains qui, pour satisfaire leur propre politique (intérieure comme extérieure) vont provoquer une guerre, bombarder et quasiment détruire un pays entier...

Mais ce conflit est loin d'être fini : le peuple serbe ne laissera pas le berceau de leur nation, "là où reposent leurs Rois", aux mains d'Albanais musulmans, parce que de gros "lourdauds" d'Américains sans aucun sens de la diplomatie ni du respect, veulent, pour servir leurs petits intérêts, que cette région d'Europe appartienne à des Musulmans !...

Non, ces Américains, aidés des gouvernements européens, ne réussiront pas cette fois, et vont s'y "casser les dents", sur ce Kosovo : lieu historique de la lutte contre l'envahisseur...

Maintenant, ce que nous pouvons appréhender, nous autre jeunes européens, c'est de devoir subir les stupidités de nos politiciens, et de réparer leurs erreurs par le prix du sang!...

 

 le 3 Août 1999

 

Guillaume M.

 

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